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Pourquoi Tastee n'utilise pas la grille OIV
Tasting

Pourquoi Tastee n'utilise pas la grille OIV

Une note unique et calibrée, plutôt qu'une addition de sous-notes que chacun finit par ajuster.

Grille de dégustation OIV-UIOE animée : le total atteint 82 points pour une médaille d'argent, puis le critère qualité en bouche passe de 16 à 19 et le total atteint 85 points, médaille d'or.

Tastee est un logiciel de dégustation professionnelle. Et pourtant, vous n'y trouverez aucune trace de la grille OIV. Ce n'est pas un oubli, c'est un choix. Derrière son apparente rigueur, cette grille produit une donnée détaillée en apparence, mais difficile à exploiter réellement.

D'où vient la grille OIV

Dans les années quatre-vingt-dix, les concours internationaux se multiplient et chacun note à sa façon. L'Organisation internationale de la vigne et du vin adopte alors une norme commune pour harmoniser les pratiques. Cette norme encadre l'organisation des concours, notamment l'anonymat des échantillons, la composition des jurys ou encore les conditions de service, et impose une fiche de dégustation commune sur 100 points.

Pour les vins tranquilles, elle décompose le jugement en dix critères répartis entre la vue, le nez, la bouche et l'impression générale. Le principe est sain : obliger le dégustateur à structurer son jugement. Le problème commence au moment de l'addition.

Le problème n'est pas le principe, c'est l'arithmétique

Chaque critère se coche sur cinq niveaux, mais tous ne pèsent pas le même poids. La limpidité évolue de 5 à 1 : un palier vaut un point. L'aspect évolue de 10 à 2 : un palier vaut deux points. La qualité en bouche évolue de 22 à 10 : un palier vaut trois points.

Autrement dit, déplacer une seule case n'a pas la même conséquence selon le critère. Un dégustateur peut donc remplir consciencieusement la grille, critère par critère, et obtenir au final une note qui ne correspond pas exactement au jugement global qu'il porte sur le vin.

Cette mécanique devient déterminante lorsqu'on la compare aux seuils de récompense de l'OIV. Le bronze commence à 80 points, l'argent à 82, l'or à 85 et le grand or à 92. Entre l'argent et l'or, il n'y a donc que trois points.

Or, sur la qualité en bouche, un seul changement de palier fait précisément varier la note de trois points. Une seule case déplacée peut donc représenter tout l'écart entre une médaille d'argent et une médaille d'or.

Ajoutons que la grille est présentée sur 100 points, mais qu'elle ne descend pas à zéro. En cochant le niveau le plus bas sur chaque critère, on obtient encore 40 points. L'échelle réellement utilisée va donc de 40 à 100, et toutes les médailles se jouent entre 80 et 100.

Dans cette zone, un palier de trois points n'est plus un ajustement fin. Une variation qui paraît minime sur une échelle théorique de 100 points devient considérable sur l'échelle réellement utilisée pour décider des récompenses.

Deux dégustateurs peuvent ainsi avoir une appréciation très proche d'un même vin et aboutir à des résultats sensiblement différents, simplement parce qu'ils n'ont pas positionné leur jugement sur les mêmes critères. L'écart final ne traduit alors pas nécessairement un désaccord sur la qualité du vin. Il peut simplement refléter la mécanique de la grille.

Le retour en arrière que tous les dégustateurs connaissent

C'est là qu'apparaît un réflexe très courant. Le dégustateur termine sa grille, regarde le total, puis revient en arrière. Il modifie un critère, non pas parce que son appréciation du nez ou de la bouche a changé, mais parce que le total obtenu ne correspond pas au jugement d'ensemble qu'il avait en tête.

Ce comportement est parfaitement logique. Lorsqu'un seul palier peut faire gagner ou perdre trois points, et que trois points séparent l'argent de l'or, le dégustateur est naturellement tenté de regarder le résultat global avant de valider ses sous-notes.

Le problème, c'est qu'à partir de ce moment-là, celles-ci ne décrivent plus uniquement le vin. Elles servent aussi à ajuster le score final. Une même donnée remplit alors deux fonctions : décrire le vin et construire la note. C'est précisément ce qui la rend difficile à exploiter ensuite.

Ce que l'organisateur récupère vraiment

Le dégustateur a passé du temps à renseigner plusieurs critères. L'organisateur récupère une donnée très détaillée en apparence. Mais que peut-il réellement en faire ?

Comparer deux vins critère par critère devient délicat si certaines sous-notes ont été ajustées pour retrouver un total. Analyser une appellation, un millésime ou une typicité l'est tout autant. Et dans beaucoup de concours, ces sous-notes ne seront de toute façon jamais exploitées : seule la note finale sur 100 servira au classement et à l'attribution des récompenses.

On demande donc aux jurys de produire une donnée complexe dont la valeur analytique reste limitée.

Tastee inverse la logique : la note d'abord

Sur Tastee, le dégustateur attribue directement la note qu'il a en tête, sur 20 ou sur 100. Pas de calcul à retrouver, pas d'aller-retour entre les critères pour atteindre le bon total.

La note est encadrée par une échelle de calibration dans laquelle chaque palier est clairement décrit. L'harmonisation entre jurés vient donc de la définition commune de ce que signifie chaque niveau de qualité, et non de l'addition de sous-notes. Le dégustateur construit son jugement, puis pose directement sa note.

Le détail ne disparaît pas, il change de place

Supprimer la grille OIV ne signifie pas supprimer l'analyse sensorielle. Au contraire. Sur Tastee, la note sert à une chose : évaluer le vin. Le commentaire de dégustation sert à une autre : le décrire.

Le dégustateur rédige librement son commentaire dans sa langue. Tastee peut ensuite analyser l'ensemble des commentaires du jury pour en extraire un profil sensoriel : arômes dominants, structure, profil gustatif, qualités remarquées et points de vigilance.

On sépare donc deux fonctions qui étaient auparavant mélangées. La note sert au classement. Le commentaire sert à comprendre le vin. Et chacune de ces données devient plus simple à exploiter.

Ce que ça change concrètement

Pour le dégustateur, le scoring est plus rapide et plus naturel. Le commentaire l'aide à structurer son jugement sans l'obliger à répartir artificiellement des points entre plusieurs cases.

Pour l'organisateur, la note finale reste directement exploitable pour le classement de son concours. Et pour le producteur, le résultat ne se limite plus à une note ou à une médaille : il peut aussi disposer d'une synthèse sensorielle réellement lisible.

Et si votre règlement impose la grille OIV ?

Certains concours doivent conserver la grille OIV pour respecter leur règlement ou leur reconnaissance officielle. Cette contrainte est légitime.

Dans ce cas, la question n'est pas de savoir s'il faut supprimer la grille, mais de savoir ce que l'on attend réellement de la donnée produite. Si l'objectif est uniquement de justifier une note, la grille peut devenir coûteuse en temps pour un bénéfice limité. Si l'objectif est aussi de produire une donnée sensorielle exploitable sur les vins, il faut probablement séparer les deux usages.

C'est le choix que nous avons fait avec Tastee : une note pour évaluer, une analyse sensorielle pour comprendre. À vouloir faire les deux avec les mêmes cases, on finit souvent par affaiblir les deux.

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